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Croissance économique: où en est l'Afrique en 2017?

La croissance économique en Afrique semble aller vers une embellie macroéconomique, selon le dernier rapport semestriel de la Banque mondiale sur l’état des économies africaines.

Après avoir enregistré sa croissance la plus basse en 20 ans  en 2016 (1,5 % de moyenne seulement), la situation en Afrique va s’améliorer en 2017 (2,4 % d’après la Banque Mondiale, et 2,6% d’après le FMI) et devrait continuer à progresser en 2018 (3,2 % d’après les estimations). Cette tendance la place légèrement au-dessus de la croissance démographique. D’après Africa’s Pulse, un rapport semestriel de la Banque mondiale qui analyse l’état des économies africaines, cela est notamment dû à la hausse des cours des matières premières, à une hausse progressive de la demande intérieure et l’inévitable révolution des technologies du numérique et de la téléphonie.

 

« Alors que les pays procèdent à des ajustements budgétaires, nous devons faire en sorte que la conjoncture demeure propice à l’investissement afin que les pays d’Afrique subsaharienne connaissent une reprise plus forte », explique Albert G. Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique. Il appelle à « des réformes qui augmentent la productivité des travailleurs africains et créer un environnement macroéconomique stable » et un approfondissement de la « lutte contre la pauvreté sur le continent. » Cette tendance globale cache des trajectoires très différentes d'un pays à l’autre. Ainsi, certains pays semblent totalement passer à côté de la reprise.

 

Des régions sinistrées par le cours des matières premières

 

Si des pays ont su diversifier leur modèle économique et développer des industries (Kenya, le Rwanda, l’Éthiopie, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire) la croissance demeurera atone au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale. « La raison principale de cette mauvaise performance globale tient à la baisse des prix des matières premières, pétrole en tête, qui a fortement impacté les pays exportateurs de produits de base », souligne Ruben Nizard, économiste à la Coface. Les pays de la région souffrent de leur pétro-dépendance alors que le cours de l’or Noir est en berne, et ils ne disposent pas d'une marge de manœuvre et d'un espace budgétaire suffisant pour faire face à la crise.

 

En Afrique orientale – la région qui connaît la croissance la plus dynamique (5,1 % pour 2016) – le risque d’une sécheresse persistante inquiète, car les sécheresses s’accompagnent souvent par des épisodes de famines graves.. Et ce d’autant que la région est dans l’ensemble plus pauvre et peu développée. Tout comme leurs homologues d’Afrique centrale, pour avancer ils risquent de contracter une dette publique importante qui les pénalisera très vite. De plus, les incertitudes climatiques ne sont pas sans danger pour la reprise actuelle comme ils mènent souvent à l'accroissement des menaces de sécurité et à un climat d’incertitude politique.

 

Les bons élèves de la croissance africaine

 

En revanche, on attend une croissance soutenue dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (2,4 % en 2017). La plupart des économies ne dépendent pas de leurs importations de matières premières, ou exportatrices de métaux – un marché qui ne connaît pas la crise, actuellement. En outre, la région bénéficie du dynamisme à tout rompre des deux locomotives que sont la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Pour ce dernier, les nouvelles sont bonnes, avec notamment la vente d’obligations sur les marchés financiers internationaux, « ce qui indique une amélioration de sa perception », souligne le rapport Africa’s Pulse.


La Banque Mondiale préconise aux pays bien portants de la sous-région « d’élargir un espace budgétaire » afin de renforcer leur résilience et anticiper la prochaine étape de leur développement. Même son de cloche pour les grandes économies du continent (le Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Angola) qui enregistrent un rebond après le ralentissement brutal de 2016. Cependant, ce redressement est pénalisé par un ajustement insuffisant par rapport à la baisse des prix des matières premières et à l’incertitude des politiques. Les efforts actuels devraient cependant « aboutir à une croissance inclusive » d’après la Banque Mondiale.

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